A travers les projets qu’elle soutient, la Fondation Sommer désire éveiller les esprits et la curiosité des enfants et jeunes pour une participation à notre société à travers les arts et la culture. Elle encourage la création de nouvelles formes de coopération entre partenaires de différents horizons et communautés pour une meilleure compréhension entre les personnes et cultures au Luxembourg.
Projets soutenus
Strong Community, Bright Future
Une réponse aux réalités de terrain
Depuis plusieurs années, la Fondation Sommer soutient l’asbl Social Impact Development Center (SIDEC) dans le développement de projets destinés aux enfants et aux jeunes vivant dans des foyers d’accueil de la Commune de Differdange. À travers différents ateliers artistiques, culturels et éducatifs organisés directement au sein de ces structures, un constat s’est progressivement imposé : si ces activités répondaient à un réel besoin, elles ne suffisaient plus. Les jeunes avaient besoin d’un lieu à eux·elles, un espace où vivre des moments de partage en dehors du quotidien des foyers.
De cette réflexion, portée par Dr Annie Flore Madé, fondatrice et directrice stratégique de SIDEC, est née l’initiative Strong Community, Bright Future : un espace dédié aux enfants et aux jeunes issu·es des centres d’accueil, situé au 5, Avenue de la Liberté à Differdange.
Un accompagnement durable
Pour la Fondation Sommer, soutenir un projet ne se résume pas à le financer. Depuis plusieurs mois, la Fondation accompagne SIDEC dans une approche globale du 1er étage du lieu, dédié aux activités culturelles et créatives : loyers, coordination, poste d’éducateur·rice, intervenant·es artistiques.
Au-delà de cet appui financier, l’équipe de la Fondation s’est engagée aux côtés de Dr Annie Flore Madé dans la conception même du projet : réflexion sur la programmation, définition des ateliers proposés, mise en cohérence avec les besoins identifiés sur le terrain. Cet accompagnement se construit dans la durée, à travers des échanges réguliers, des visites, et se prolonge dans une réflexion partagée sur la vision stratégique du projet et sur les partenariats susceptibles de l’enrichir. C’est cette proximité qui permet à la Fondation de jouer un rôle allant au-delà de celui de bailleur de fonds : celui de partenaire dans la construction du projet.
Des ateliers créatifs portés par des artistes engagé·es
Le 1er étage du lieu accueille aujourd’hui des ateliers créatifs animés par des artistes que la Fondation Sommer a contribué à mettre en relation avec SIDEC :
- Léa Valet, pour des ateliers de linogravure ;
- Luisa Maria Stagno, pour des ateliers de photographie.
L’offre s’élargira prochainement avec des ateliers de théâtre animés par Raffaela d’Angelo, de la compagnie Artemysia Theater, ainsi qu’avec des ateliers de musique proposés avec le soutien de la Fondation EME.
Une nouvelle étape : le Social Impact Community Hub
En cohérence avec cette dynamique, SIDEC a franchi une nouvelle étape en louant également le rez-de-chaussée du même bâtiment pour y créer un Hub dédié à l’accueil des familles des centres d’accueil : un espace de communion et d’échanges.
L’ensemble du lieu, baptisé Social Impact Community Hub, a été inauguré le 17 juillet 2026. Il illustre la manière dont une initiative de terrain, accompagnée dans la durée, peut évoluer pour répondre toujours plus largement aux besoins des enfants, des jeunes et de leurs familles.
À travers Strong Community, Bright Future, la Fondation Sommer retrouve ce qui anime son engagement : croire que chaque enfant, chaque jeune, porte en lui·elle un potentiel qui ne demande qu’à être révélé, pour peu qu’on lui offre un espace pour l’exprimer. En accompagnant SIDEC au-delà du seul financement, la Fondation mise sur le fait qu’un lieu pensé avec et pour les jeunes concerné·es, nourri par la création artistique et porté par une vision partagée, peut devenir un véritable tremplin vers l’avenir.
Zempia, pile ou face
« Zempia, pile ou face », une création chorégraphique et musicale afro-contemporaine, a réuni des danseurs.euses professionnels et des jeunes des écoles secondaires EIMAB (École internationale Anne Beffort) et EIDE (École internationale de Differdange et Esch-sur-Alzette). Dans le cadre d’ateliers pédagogiques et de cinq représentations, les élèves ont exploré le thème de la résilience à travers la danse et la musique. La projet orchestré par l’asbl AlterCadence interrogeait principalement l’injustice, le traumatisme et la transformation des émotions négatives en forces positives. Une expérience collective unique qui a permis aux élèves de passer du stade de participant à celui d’interprète sur scène.
Artelier
Artelier est un projet imaginé et porté par le collectif de jeunes F.O.M.O. (Friends Who Organize Magical Occasions), accompagné par Stayfou asbl. Organisé le 24 janvier 2026 aux Rotondes, cet événement a proposé une journée chaleureuse et inspirante réunissant de nombreux ateliers créatifs. Pensé par des jeunes pour des jeunes, le projet visait à rendre la culture locale plus accessible, à valoriser les artistes et initiatives du territoire, et à renforcer le lien social durant la période hivernale. La programmation a rencontré un vif succès : plus de 190 participant.es ont pris part à l’événement. Les nombreux retours positifs et l’enthousiasme suscité par ce format libre et participatif ont confirmé la pertinence de cette initiative, qui illustre pleinement la capacité des jeunes à concevoir et porter des projets culturels ambitieux et fédérateurs.
10 ans d'une école de musique inclusive au Luxembourg
À l’occasion des 10 ans de la Reboredo’s Music School à Differdange, son fondateur João Reboredo a mené un projet artistique et pédagogique réunissant 40 élèves autour de l’histoire d’un petit garçon rêvant de créer une école de musique. Accompagné·es par cinq pédagogues, les jeunes participant·e·s se sont impliqué·e·s dans toutes les étapes de la création, de l’écriture des textes à la réalisation des illustrations, en passant par les répétitions et l’enregistrement des chansons interprétées lors des cours de musique. Cette aventure collective a donné lieu à la publication d’un livre illustré et d’un CD, témoins durables de cette expérience. Le projet a constitué un puissant levier d’expression, d’inclusion et d’épanouissement personnel. Au-delà de la réussite artistique, cette initiative a confirmé l’importance de favoriser la diversité et l’inclusion dans les projets culturels à l’école. Les retours très positifs des participant·e·s, qui souhaitent poursuivre l’enregistrement de nouvelles chansons et la création de nouvelles histoires, témoignent d’une motivation durable et d’un véritable engagement dans la pratique artistique collective.
Fun Acting for Film: YOUTH
Ce projet mené par l’asbl Club Créatif pour Jeunes Actifs en collaboration avec Sofiya Kudryavtseva, la créatrice de la plateforme acting.lu, a eu pour ambition de réunir 8 jeunes participant.es âgées de 16 à 25 ans dans la création de 3 courts-métrages. De l’idéation, à l’écriture du script, jusqu’à l’interprétation devant la caméra, les participant.es ont été impliqué.es dans chaque étape du projet.
A l’issue des ateliers et du tournage, une projection a été organisée au Cercle Cité, l’occasion pour les jeunes de monter sur le tapis rouge et de présenter fièrement l’aboutissement de plusieurs mois de travail.
Whatever it takes
« Whatever It Takes » est le fruit d’un parcours créatif interculturel mené par des jeunes, réalisé en partenariat avec l’artiste luxembourgeois Matthew Philip De Cae.
Des jeunes âgés de 12 à 26 ans, issus de divers horizons culturels, ont pris les devants dans la conception, la réalisation et l’interprétation du clip officiel. La chanson — écrite et interprétée en 110 langues — célèbre la confiance en soi, l’identité et la persévérance. Ce projet a donné à de jeunes talents l’occasion de mener à bien l’ensemble du processus créatif, en s’exprimant à travers la musique, le mouvement et la vidéo. Plus qu’une simple vidéo, c’est une célébration de la collaboration entre les cultures et un témoignage de la puissance de la créativité, de l’unité et de la résilience: http://bit.ly/3Q8YXjU
© CNCIBäerbelendag mat de Kanner
© Bohumil KOSTOHRYZOpéra "L’Enfant et les sortilèges"
Le projet pluridisciplinaire autour de l’opéra « L’Enfant et les sortilèges » de Maurice Ravel a réuni élèves, enseignants, artistes professionnels et partenaires locaux dans une création artistique ambitieuse mêlant musique, théâtre et danse. Porté par le Conservatoire du Nord en collaboration avec le Centre des Arts Pluriels, ce projet pédagogique et culturel visait à rendre l’art lyrique accessible à tous tout en favorisant l’inclusion et la professionnalisation des participants.
Trois représentations publiques, dont une scolaire, ont permis de sensibiliser un large public, avec la participation d’élèves âgés de 8 à 65 ans. Encadrés par des professionnels du spectacle vivant, les jeunes artistes ont expérimenté les conditions réelles de production scénique et développé des compétences artistiques et humaines essentielles.
© Steve GinepriVergessene Opfer - und jetzt?
Dans le cadre du projet « Victimes oubliées – et maintenant ? », des élèves de l’ENAD (Ecole Nationale pour Adultes) ont mené un projet théâtral interdisciplinaire en collaboration avec leur professeure et des artistes professionnels sous la direction de la pédagogue de théâtre Laetitia Lang.
Le projet s’appuie sur une réflexion approfondie autour des « victimes oubliées » du nazisme, en mettant en lumière des groupes longtemps marginalisés : les personnes homosexuelles, les personnes de confessions non chrétiennes, les Sintis et les Roms, les personnes noires, ainsi que les personnes vivant dans la rue.
Les élèves ont conçu la pièce de manière largement autonome : écriture des textes, création des scènes, enregistrements sonores. Leur travail a croisé recherche historique et réflexion sur les enjeux sociétaux actuels.
À travers une démarche artistique collective, le projet visait à renforcer la sensibilisation aux droits humains, à la mémoire historique et à la responsabilité sociale. Il a pris forme dans une pièce de théâtre, qui a révélé le chemin parcouru par les élèves dans leur démarche créative et de recherche.
ALL OF ME
Depuis 2022, la Fondation Sommer soutient la démarche artistique que la photographe Cristina Nuñez développe en particulier envers les jeunes. A travers le projet « The self-portrait expérience (SPEX) », puis le dispositif « EMoSEE », elle a mis à disposition du corps enseignant du secondaire ainsi qu’aux éducateurs et éducatrices des méthodes et des outils pour travailler avec les élèves sur le rapport à l’image, à soi et aux autres. En privilégiant l’autoportrait face au selfie, qui entretient un rapport biaisé à l’identité par l’usage de filtres et le refus des images ne correspondant pas à certains canons de beauté ou de bonheur, elle a travaillé avec les adolescent·e·s sur l’idée d’acceptation de soi. A un âge où le regard porté sur soi-même est particulièrement difficile, elle forme des intervenant·es en milieu scolaire et éducatif à accompagner les lycéens et lycéennes sur ce chemin de la reconnaissance de soi et de l’altérité.
Ici, c’est une nouvelle étape du projet de l’artiste que la Fondation Sommer a décidé de soutenir. Alors que Cristina Nunez est déjà intervenue en milieu carcéral dans d’autres pays, elle n’avait jamais eu la possibilité au Luxembourg de travailler avec des jeunes se trouvant dans des lieux où ils ont été placés par décision de justice. Aussi, cela faisait une année qu’elle était en réflexion et échanges pour des interventions au centre socio-éducatif de Dreiborn.
Pensé en binôme avec la direction de l’institution, ce projet s’est déroulé d’août à décembre 2025 avec une première phase en milieu fermé (UNISEC) puis en milieu ouvert, nécessitant des adaptations importantes selon les réalités du terrain. Là où le cadre fermé a permis une continuité forte du processus, le milieu ouvert a demandé une intégration dans le temps scolaire afin de stabiliser la participation.
À travers la méthodologie « SPEX », les jeunes ont été amenés à travailler sur leur image de soi à travers l’autoportrait et la création d’un livre autobiographique. Ce processus artistique a permis d’ouvrir un espace d’expression autour des émotions et de soutenir une évolution du regard porté sur soi, dans un cadre non jugeant.
Le projet a mis en évidence plusieurs éléments structurants pour la Fondation : l’importance du temps et de la continuité dans des contextes sociaux complexes, la nécessité d’un travail en binôme étroit avec les équipes de terrain, ainsi que la capacité d’un dispositif artistique à s’adapter aux contraintes institutionnelles tout en conservant sa cohérence.
Il ouvre également des perspectives de développement, notamment en termes de formation des professionnel·le·s et de consolidation du dispositif dans la durée.





