A travers les projets qu’elle soutient, la Fondation Sommer désire éveiller les esprits et la curiosité des enfants et jeunes pour une participation à notre société à travers les arts et la culture. Elle encourage la création de nouvelles formes de coopération entre partenaires de différents horizons et communautés pour une meilleure compréhension entre les personnes et cultures au Luxembourg.
Projets soutenus
Vergessene Opfer - und jetzt?
Dans le cadre du projet « Victimes oubliées – et maintenant ? », des élèves de l’ENAD (Ecole Nationale pour Adultes) ont mené un projet théâtral interdisciplinaire en collaboration avec leur professeure et des artistes professionnels sous la direction de la pédagogue de théâtre Laetitia Lang.
Le projet s’appuie sur une réflexion approfondie autour des « victimes oubliées » du nazisme, en mettant en lumière des groupes longtemps marginalisés : les personnes homosexuelles, les personnes de confessions non chrétiennes, les Sintis et les Roms, les personnes noires, ainsi que les personnes vivant dans la rue.
Les élèves ont conçu la pièce de manière largement autonome : écriture des textes, création des scènes, enregistrements sonores. Leur travail a croisé recherche historique et réflexion sur les enjeux sociétaux actuels.
À travers une démarche artistique collective, le projet visait à renforcer la sensibilisation aux droits humains, à la mémoire historique et à la responsabilité sociale. Il a pris forme dans une pièce de théâtre, qui a révélé le chemin parcouru par les élèves dans leur démarche créative et de recherche.
ALL OF ME
Depuis 2022, la Fondation Sommer soutient la démarche artistique que la photographe Cristina Nuñez développe en particulier envers les jeunes. A travers le projet « The self-portrait expérience (SPEX) », puis le dispositif « EMoSEE », elle cherche à mettre à disposition du corps enseignant du secondaire des méthodes et des outils pour travailler avec les élèves sur le rapport à l’image, à soi et aux autres. En privilégiant l’autoportrait face au selfie, qui entretient un rapport biaisé à l’identité par l’usage de filtres et le refus des images ne correspondant pas à certains canons de beauté ou de bonheur, elle travaille avec les adolescent·e·s sur l’idée d’acceptation de soi. A un âge où le regard porté sur soi-même est particulièrement difficile, elle forme des intervenant·es en milieu scolaire et éducatif à accompagner les lycéens et lycéennes sur ce chemin de la reconnaissance de soi et de l’altérité.
Ici, c’est une nouvelle étape du projet de l’artiste que nous avons décidé de soutenir. Alors que Cristina Nunez est déjà intervenue en milieu carcéral dans d’autres pays, elle n’avait jamais eu la possibilité au Luxembourg de travailler avec des jeunes se trouvant dans des lieux où ils ont été placés par décision de justice. Aussi, cela faisait une année qu’elle était en réflexion et échanges pour des interventions au centre socio-éducatif de Dreiborn. Pensé en binôme avec la direction de l’institution, ce projet se déroulera d’août à décembre avec une première phase en milieu ouvert et dans une seconde en milieu fermé. Il va de soi que la thématique est particulièrement appropriée à ce jeune public se trouvant dans des situations complexes, voire critiques et dans tous les cas en mésestime d’eux-mêmes.
Des activités artistiques ont déjà été menées à Dreiborn mais le soutien de la Fondation permet cette fois d’envisager un programme sur une plus longue durée avec des effets que l’on espère positif sur la population concernée.
© boshuaRise in bloom - projet communautaire participatif
« Rise in Bloom » est un projet communautaire participatif qui invite des jeunes âgés de 12 à 20 ans à s’engager dans un processus de création interdisciplinaire. En collaboration avec des artistes professionnel·le·s, les participant·e·s développent une pré-performance de 15 minutes, présentée en ouverture de la première de la production chorégraphique « Florescence in Decay », au CAPE à Ettelbrück.
Au cœur de ce projet ne se trouve pas seulement le résultat final, mais avant tout le processus créatif et collectif. Encadrés par quatre intervenant·e·s aux expertises variées – David Laplant (vidéo), Anja Di Bartolomeo (écriture), Natercia Rebelo (scénographie) et Elisabeth Schilling (chorégraphie) – les jeunes sont guidés tout au long du parcours de création.
Au fil du projet, les jeunes mènent des interviews avec des communautés, associations et groupes locaux d’Ettelbrück, autour de thèmes universels tels que la nature, la métamorphose, l’utopie et le cycle de la vie – des thématiques également explorées dans « Florescence in Decay ». Ils entrent également en contact avec des danseur·se·s professionnel·le·s pendant la phase de création.
Les matériaux collectés prennent deux formes artistiques :
- Une installation visuelle, composée de vidéos, enregistrements sonores et textes tirés des témoignages, exposée dans les espaces du CAPE.
- Une performance interdisciplinaire, née de l’imaginaire et des expériences des jeunes, présentée comme pré-show avant la pièce principale.
« Rise in Bloom » s’inscrit dans la continuité d’un projet communautaire mené avec succès en 2024, avec la même équipe artistique. Face à l’enthousiasme des participant·e·s – et même des parents, qui ont exprimé le souhait de voir ce type d’initiative se poursuivre – il a été décidé de consolider ce format interdisciplinaire éprouvé, plutôt que de repartir de zéro.
Le projet s’intègre également dans le cadre des 25 ans du CAPE et contribue à la dynamisation culturelle d’Ettelbrück, en stimulant la participation citoyenne et en créant du lien social. Il offre aux jeunes une occasion unique d’exprimer leur créativité, de gagner en confiance, de rencontrer des personnes d’horizons différents et d’apprendre à valoriser la diversité.
La Fondation Sommer soutient « Rise in Bloom » car ce projet incarne les valeurs qui lui sont chères : l’accès à la culture pour les jeunes, la participation active, et le rayonnement culturel en région. Après avoir déjà accompagné deux projets participatifs d’envergure portés par le même partenaire, la Fondation a vu naître une relation de confiance durable avec le CAPE, structure engagée et ancrée dans son territoire.
En favorisant l’expression artistique des jeunes à travers un processus collectif et interdisciplinaire, « Rise in Bloom »contribue à dynamiser la vie culturelle locale tout en développant la créativité, l’esprit critique et l’ouverture des participant·e·s.
Mat Iech - Programme de sensibilisation et de médiation culturelle
- Médiation : Pour chaque production, la compagnie développe des programmes sur mesure, conçus pour accompagner des expériences variées du public. Ces programmes vont des discussions avec le public après les représentations, basées sur la méthode clé d’Elisabeth, aux ateliers, symposiums et publications de catalogues.
- Accessibilité : Mat Iech transmet l’univers de la danse à deux groupes de personnes qui sont particulièrement chers à Elisabeth : d’une part, les enfants, quel que soit leur âge, leur origine, leur langue ou leur parcours, et d’autre part, les personnes qui, pour des raisons financières, sociales, géographiques ou de santé, ne peuvent plus se rendre au théâtre.
La vision de la compagnie consiste à offrir des représentations, accompagnées de workshops et de conférences, idéalement avec de la musique en direct, dans ou autour des maisons de retraite, des quartiers sociaux dits sensibles, des hôpitaux, ainsi que dans des zones rurales isolées, des jardins d’enfants, des écoles, et des foyers accueillant des enfants particulièrement vulnérables. Ces événements, conçus sur mesure, sont d’une grande flexibilité et peuvent être adaptés aux besoins spécifiques des institutions et de leurs résidents. À chaque représentation, l’équipe met en place une structure d’atelier personnalisée, prenant en compte les besoins et les groupes d’âge des participants, et qui peut être ajustée en fonction du lieu et de la durée.
Soutenu deux années consécutives en tant que projet, « Mat Iech » a su convaincre par la qualité de son approche et par l’engagement de ses intervenants, notamment une artiste avec laquelle une relation de confiance et de collaboration durable s’est établie. La pertinence du volet pédagogique du programme et ses résultats positifs dans les institutions accueillant des enfants et jeunes en difficulté au Luxembourg ont renforcé la volonté de la Fondation de poursuivre ce partenariat.
Grâce à ce soutien renouvelé, la compagnie pourra assurer la pérennité de « Mat Iech » jusqu’en 2027, en organisant une à deux tournées annuelles dans des établissements spécialisés. Ce financement permettra également de consolider la structure administrative du projet, notamment par le recrutement d’une coordinatrice dédiée, chargée entre autres de la gestion logistique des tournées.
EarGlasses
Le projet « EarGlasses » est une initiative éducative visant à initier les élèves à la création de podcasts comme moyen d’expression culturelle, de développement linguistique et de renforcement de la littératie médiatique.
Durant dix semaines, les participants suivront des ateliers pratiques encadrés par une équipe de professionnels des médias autour de Jess Bauldry. Au programme: ateliers de narration, de production audio et de montage. Les élèves seront invités à explorer leurs identités culturelles, à raconter leurs expériences et à produire leur propre contenu audio dans un cadre bienveillant et inclusif.
La restitution publique des podcasts devant leurs pairs, enseignants et familles viendra clore le projet, en valorisant leurs réalisations et en favorisant le dialogue interculturel.
Locked Out – Youth Lens on Housing
Porté par l’association Youth Work Synergy, le projet « Locked Out – Youth Lens on Housing » utilise le médium du film documentaire pour donner la parole aux jeunes face à la crise du logement au Luxembourg. À travers une série d’ateliers pratiques encadrés par des artistes professionnels, dix jeunes âgés de 17 à 25 ans seront formés aux techniques du cinéma (scénario, tournage, son, montage) tout en explorant les enjeux structurels liés à l’accès au logement.
Le projet leur offre non seulement des compétences artistiques et techniques, mais aussi une plateforme d’expression pour porter leurs voix auprès du grand public et des décideurs. Le documentaire, co-réalisé par les participants, sera diffusé lors d’une projection publique suivie d’un débat avec des acteurs du secteur, afin de favoriser une réflexion collective sur des solutions possibles.
En partenariat avec Life asbl, cette initiative allie éducation artistique, engagement citoyen et sensibilisation aux inégalités sociales, contribuant à l’autonomisation des jeunes par les arts et la culture.
Studio Lokal
Porté par l’asbl Muse, « Studio Lokal » est un projet éducatif visant à accompagner les jeunes dans la découverte des métiers créatifs et artistiques. À travers une série d’ateliers pratiques (photographie, design graphique, cinéma, calligraphie, design d’intérieur), encadrés par des professionnels du secteur, les participants acquièrent des compétences concrètes et bénéficient d’un encadrement individualisé.
Le projet s’adresse principalement aux jeunes de 16 à 30 ans et inclut également des sessions de soutien à l’orientation scolaire et professionnelle, avec un accent particulier sur l’aide à la constitution de dossiers de candidature pour des études artistiques.
En partenariat avec des institutions culturelles luxembourgeoises, « Studio Lokal » contribue à renforcer l’accessibilité à l’éducation artistique, à valoriser les talents locaux et à favoriser l’inclusion culturelle.
La Troie luxembourgeoise
Le projet « La Troie luxembourgeoise » est une création théâtrale et musicale intergénérationnelle portée par l’asbl Kultrun. Inspirée de l’histoire minière du Luxembourg au début du XXᵉ siècle, la pièce met en lumière le rôle des femmes dans cet univers peu documenté. Écrite par Jean Portante, elle a réuni sur scène enfants, jeunes et adultes dans une démarche artistique collaborative.
À travers des ateliers de théâtre et de musique, les jeunes de 10 à 25 ans ont été pleinement intégré.es dans la création : interprètes, musiciens et musiciennes, créateurs et créatrices de personnages. Le projet a allié pédagogie artistique, expression personnelle et transmission de mémoire, tout en valorisant le patrimoine culturel du pays.
Vergiess de Gaardenzwerg
Dans le cadre de la 10ᵉ édition du Marionettefestival, le projet « Vergiess de Gaardenzwerg » a permis aux élèves du Campus am Ale Bësch (commune d’Esch-sur-Sûre) de vivre une expérience artistique et pédagogique unique en milieu rural. Encadrés par la scénographe Lynn Scheidweiler, les enfants ont transformé des objets du quotidien et des matériaux de récupération en créatures imaginaires, inspirées du théâtre d’objets. Ce travail créatif s’est déroulé sous forme d’ateliers ludiques et collaboratifs, favorisant l’expérimentation, la manipulation et la mise en scène. Les œuvres réalisées ont été exposées dans le village de Tadler pendant le festival, sous la forme d’un parcours immersif et participatif.
En complément des ateliers, les élèves ont assisté à un spectacle du festival, rencontré des artistes, visité les coulisses et participé collectivement à la mise en place des installations. Le projet a culminé le 10 juin 2025 avec une matinée festive dédiée aux représentations scolaires, réunissant les élèves de l’enseignement fondamental et des structures non formelles de la commune d’Esch-sur-Sûre.
Ce projet a offert aux enfants une véritable sensibilisation à la créativité, à l’écologie et à la valorisation du patrimoine local, tout en renforçant leur esprit d’équipe, leur curiosité et leur plaisir à créer ensemble.
Ame, San et le Lion rouge
Le projet « Ame, San et le Lion rouge » est une création théâtrale originale destinée au jeune public (dès 10 ans), portée par la compagnie Les FreReBri(des). À travers l’histoire d’une famille recomposée, la pièce a exploré les peurs et les émotions des enfants confrontés à l’arrivée d’un nouveau parent, tout en abordant avec subtilité les défis rencontrés par les mères célibataires, notamment dans le contexte luxembourgeois.
En complément du spectacle, un important volet pédagogique a été mis en place : des ateliers interactifs en milieu scolaire ont permis aux élèves de participer au processus de création, de s’exprimer sur leur propre expérience familiale et de découvrir les codes du théâtre. Une représentation spéciale et une table ronde ont également été dédiées aux femmes en situation de monoparentalité.
Ce projet a non seulement promu l’inclusion et attiré l’attention sur la lutte contre les stéréotypes liés aux structures familiales modernes, mais il a également offert un espace de dialogue intergénérationnel.