Depuis 2022, la Fondation Sommer soutient la démarche artistique que la photographe Cristina Nuñez développe en particulier envers les jeunes. A travers le projet « The self-portrait expérience (SPEX) », puis le dispositif « EMoSEE », elle a mis à disposition du corps enseignant du secondaire ainsi qu’aux éducateurs et éducatrices des méthodes et des outils pour travailler avec les élèves sur le rapport à l’image, à soi et aux autres. En privilégiant l’autoportrait face au selfie, qui entretient un rapport biaisé à l’identité par l’usage de filtres et le refus des images ne correspondant pas à certains canons de beauté ou de bonheur, elle a travaillé avec les adolescent·e·s sur l’idée d’acceptation de soi. A un âge où le regard porté sur soi-même est particulièrement difficile, elle forme des intervenant·es en milieu scolaire et éducatif à accompagner les lycéens et lycéennes sur ce chemin de la reconnaissance de soi et de l’altérité.
Ici, c’est une nouvelle étape du projet de l’artiste que la Fondation Sommer a décidé de soutenir. Alors que Cristina Nunez est déjà intervenue en milieu carcéral dans d’autres pays, elle n’avait jamais eu la possibilité au Luxembourg de travailler avec des jeunes se trouvant dans des lieux où ils ont été placés par décision de justice. Aussi, cela faisait une année qu’elle était en réflexion et échanges pour des interventions au centre socio-éducatif de Dreiborn.
Pensé en binôme avec la direction de l’institution, ce projet s’est déroulé d’août à décembre 2025 avec une première phase en milieu fermé (UNISEC) puis en milieu ouvert, nécessitant des adaptations importantes selon les réalités du terrain. Là où le cadre fermé a permis une continuité forte du processus, le milieu ouvert a demandé une intégration dans le temps scolaire afin de stabiliser la participation.
À travers la méthodologie « SPEX », les jeunes ont été amenés à travailler sur leur image de soi à travers l’autoportrait et la création d’un livre autobiographique. Ce processus artistique a permis d’ouvrir un espace d’expression autour des émotions et de soutenir une évolution du regard porté sur soi, dans un cadre non jugeant.
Le projet a mis en évidence plusieurs éléments structurants pour la Fondation : l’importance du temps et de la continuité dans des contextes sociaux complexes, la nécessité d’un travail en binôme étroit avec les équipes de terrain, ainsi que la capacité d’un dispositif artistique à s’adapter aux contraintes institutionnelles tout en conservant sa cohérence.
Il ouvre également des perspectives de développement, notamment en termes de formation des professionnel·le·s et de consolidation du dispositif dans la durée.


